La traduction qui circule partout, c’est « une fille froide ». Et franchement, c’est là que tout le monde se plante.
Parce que « tsundere » ne décrit pas une personne froide : il décrit une personne qui a DEUX faces. Regarde, tu vas voir que ça change complètement le sens.
- 1 Tsundere : que veut dire ce mot en japonais ?
- 2 Décomposer le mot : ツンツン + デレデレ
- 3 Pourquoi un tsundere n’est PAS « juste quelqu’un de froid »
- 4 Tsun-ki et dere-ki : les deux grands modèles de tsundere
- 5 Tsundere en japonais : comment on emploie vraiment le mot
- 6 Tsundere vs yandere : la confusion à ne surtout pas faire
- 7 Personnages tsundere emblématiques dans l’anime
- 8 D’où vient le mot ? Une origine internet parfaitement datée
- 9 Signification de tsundere : le résumé à retenir
Tsundere : que veut dire ce mot en japonais ?
ツンデレ(つんでれ/tsundere)désigne un type de caractère : une personne qui se montre sèche, distante et peu aimable en apparence, mais qui laisse apparaître un côté tendre, câlin et amoureux envers une personne bien précise.
Le point essentiel, c’est que les deux facettes appartiennent à la même personne, et elles visent la même cible. Ce n’est pas « froide avec tout le monde ». C’est « froide en surface parce que le côté tendre est là-dessous et qu’elle refuse de le montrer ».
L’image à garder en tête, c’est « une couche de glace posée sur un truc brûlant ».
Enlève la glace : il y a des sentiments dessous. Et c’est justement parce qu’il y a des sentiments dessous que la personne s’accroche autant à sa couche de glace !
Exactement, tu as tout compris ! Un personnage seulement froid, c’est juste… un personnage froid. Les Japonais ont d’ailleurs un autre mot pour ça, on le verra plus bas.
Le mot ツンデレ ne fonctionne que s’il y a un aller-retour entre les deux attitudes. Sans aller-retour, pas de tsundere !
La définition donnée par les dictionnaires japonais
Le mot est né sur Internet, mais il est aujourd’hui suffisamment installé pour figurer dans les grands dictionnaires de japonais. Voici ce qu’en dit le Digital Daijisen (Shōgakukan), l’un des dictionnaires de référence :
ツンデレ — Digital Daijisen
普段はつんつんと無愛想な女性が、特定の男性と二人きりになると、でれっと甘えてくるさま。または、普段は無愛想な女性が、時折甘えた行動をとるさま。
Traduction : « Le fait, pour une femme habituellement sèche et peu aimable (tsuntsun), de devenir toute fondante et câline (deretto) lorsqu’elle se retrouve seule avec un homme en particulier. Ou bien le fait, pour une femme habituellement peu aimable, d’avoir de temps en temps des comportements câlins. »
Très bonne remarque ! La définition du dictionnaire reflète l’usage d’origine, celui des années 2000, où le mot décrivait presque toujours une héroïne face à un héros.
Mais dans l’usage réel d’aujourd’hui, ツンデレ s’applique aux personnages masculins, aux amis, aux collègues… et même aux chats ! On y revient plus loin, c’est un des emplois les plus drôles du mot.
La prononciation : « tsou-n-dé-ré », pas « tzoundeur »
En japonais, le mot s’écrit en katakana : ツンデレ, soit quatre sons : TSU – N – DE – RE.
Trois pièges classiques pour un francophone :
- ツ (tsu) : ce n’est pas « tou » ni « tsou-ou ». C’est un « ts » comme dans « tsé-tsé », suivi d’un ou très bref.
- ン (n) : c’est une syllabe à part entière, qui dure. On ne l’avale pas comme le « n » de « bien ».
- レ (re) : le « r » japonais n’a rien du « r » grasseyé français. Il est proche d’un l ou du « r » de « caramel » prononcé très vite.
Le mot ne porte pas d’accent tonique à la française : ne tape pas sur la dernière syllabe. Les quatre sons se suivent, réguliers.
Décomposer le mot : ツンツン + デレデレ
Et maintenant, le meilleur moment : ツンデレ est un mot-valise ! Il est fabriqué en collant les débuts de deux mots existants.
ツンツン(tsuntsun)+ デレデレ(deredere)⇒ ツンデレ
Une fois que tu connais ces deux briques, tu comprends non seulement « tsundere », mais aussi tous les autres mots en 〜デレ qui existent !
ツンツン (tsuntsun) : la façade sèche et piquante
つんつん / ツンツン est ce qu’on appelle en japonais un onomatopée d’état (擬態語, gitaigo) : un mot qui imite non pas un son, mais une manière d’être.
Le Digital Daijisen en donne notamment ce sens :
つんつん:無愛想にとりすましているさま。
Traduction : « Le fait de rester guindé et peu aimable. »Le même mot a d’autres emplois très concrets :
・une odeur qui pique le nez(消毒液のにおいがつんつんする)
・des pointes qui dépassent, qui piquent(髪がつんつん立っている = des cheveux en pétard)
・le fait de tapoter, piquer du doigt à petits coups(魚がつんつん餌をつつく)
Exactement ce qu’il fallait voir ! Tu tiens l’image centrale.
Le ツン de tsundere, c’est « pointu, sec, qui repousse » : la personne détourne la tête, répond par monosyllabes, te lance un « …hmpf » et s’en va. Rien de méchant au fond — mais ça pique.
デレデレ (deredere) : le côté qui fond complètement
でれでれ / デレデレ est également une onomatopée d’état, et son sens de dictionnaire va peut-être te surprendre. Le Digital Daijisen indique :
でれでれ:態度や姿勢にしまりがなく、だらしのないさま。また、男が女にだらしのない態度をとるさま。
Traduction : « Le fait d’avoir une attitude ou une posture sans tenue, avachie, relâchée. Également : le fait, pour un homme, d’être complètement ramolli devant une femme. »Le Wiktionnaire japonais ajoute le sens usuel moderne :
好きな相手、特に異性に対して甘えているさま。
« Le fait de faire le câlin / de se montrer tout mielleux envers la personne qu’on aime. »
C’est LA nuance que 99 % des explications francophones ratent, et tu viens de mettre le doigt dessus !
デレ n’est pas « gentil » ni « poli ». C’est « se ramollir, fondre, perdre toute sa rigidité ».
Tu vois la différence ? Le ツン, c’est raide et pointu. Le デレ, c’est mou et fondu. Ce sont deux images physiquement opposées : c’est ça qui rend le mot si expressif !
Les deux briques de ツンデレ, en un coup d’œil
ツンツン(tsuntsun) ⇒ raide, pointu, qui pique et qui repousse
= détourner la tête, répondre sèchement, faire comme si ça ne t’intéressait pas
デレデレ(deredere) ⇒ mou, fondu, sans défense
= rougir, s’accrocher au bras, parler d’une voix qui monte d’une octave
ツンデレ ⇒ la même personne fait les deux, envers la même personne
Pourquoi un tsundere n’est PAS « juste quelqu’un de froid »
C’est le contresens numéro un. Beaucoup de gens utilisent « tsundere » comme synonyme de « caractériel » ou « pas commode ». En japonais, ça ne marche pas : il manque la moitié du mot.
Pour qu’on puisse parler de tsundere, il faut trois ingrédients réunis.
Le test en trois questions
1. Y a-t-il des sentiments cachés sous la froideur ?
⇒ Si non : ce n’est pas un tsundere, c’est quelqu’un de désagréable.
2. La froideur vise-t-elle justement la personne qu’il ou elle apprécie ?
⇒ Le tsundere est souvent plus dur avec l’élu(e) de son cœur qu’avec les autres. C’est le cœur du mécanisme.
3. Le côté tendre finit-il par sortir, ne serait-ce qu’un instant ?
⇒ Si le masque ne tombe jamais, il n’y a pas de デレ, donc pas de ツンデレ.
Ah, c’est LA bonne question ! Et la réponse tient dans un mot japonais qu’il faut absolument que tu connaisses : 照れ隠し(てれかくし/terekakushi).
Ça veut dire « cacher sa gêne ». Quand on est gêné d’être vu en train d’avoir des sentiments, on fabrique une attitude opposée pour masquer le tout. Plus la gêne est forte, plus la couverture est agressive !
Trois mots japonais qui expliquent le mécanisme
Ces trois notions ne sont pas du jargon d’anime : ce sont des mots de japonais courant, que tu peux utiliser dans la vraie vie. Elles éclairent parfaitement ce qui se passe dans la tête d’un tsundere.
・照れ隠し(terekakushi)
(« dissimulation de la gêne » = faire diversion parce qu’on est gêné)
※ Rire trop fort, changer brusquement de sujet, râler… tout sauf avouer ce qu’on ressent.
・素直じゃない(sunao ja nai)
(« ne pas être sunao » = ne pas être franc avec ses propres sentiments)
※ C’est le reproche typique adressé à un tsundere : 「素直じゃないなあ」 « t’es vraiment pas franc(he) avec toi-même… ». Attention, ce n’est pas « menteur » : c’est « incapable de dire les choses simplement ».
・天邪鬼(あまのじゃく/amanojaku)
(quelqu’un qui fait systématiquement le contraire de ce qu’il pense ou de ce qu’on attend)
※ À l’origine, un petit démon du folklore japonais. Aujourd’hui, on le dit d’une personne qui dit « non » quand elle pense « oui ».
Parfaitement résumé ! Tu viens d’écrire la meilleure définition en une ligne de tout l’article !
Et d’ailleurs, ça explique pourquoi cet archétype plaît autant au Japon : dans une culture où on n’étale pas ses sentiments, le personnage qui craque une demi-seconde et laisse échapper un vrai sentiment, ça a un impact énorme.
La réplique culte que tu as forcément entendue
Si un seul dialogue devait résumer le tsundere, ce serait celui-là. Il est tellement associé à l’archétype qu’il est devenu une blague courante en ligne :
La phrase emblématique du tsundere
別に、あんたのためじゃないんだからね!
(べつに、あんたのためじゃないんだからね!/Betsu ni, anta no tame ja nai n da kara ne!)
« De toute façon, c’est pas pour toi que je l’ai fait, hein ! »Décomposition :
・別に(betsu ni)= « pas spécialement », le mot du détachement affiché
・あんた(anta)= version relâchée et un peu brusque de あなた « toi »
・〜のため(no tame)= « pour (le bien de) ~ »
・〜んだからね(n da kara ne)= terminaison insistante : « je te préviens, hein ! »※ Le comique vient du fait que la personne dit cette phrase… en tendant le bento qu’elle a passé deux heures à préparer.
Tu remarques le mécanisme ? Les mots disent « non », mais les actes disent « oui ».
C’est exactement ça, un tsundere : un décalage entre ce qui est dit et ce qui est fait. Si tu ne regardes que les mots, tu passes à côté de tout !
Tsun-ki et dere-ki : les deux grands modèles de tsundere
Tous les tsundere ne fonctionnent pas de la même façon. Les fans japonais distinguent couramment deux schémas, en parlant de ツン期(tsun-ki, « la période tsun ») et de デレ期(dere-ki, « la période dere »).
Le suffixe 期(ki) signifie « période, phase » — le même que dans 思春期(shishunki, l’adolescence) ou 反抗期(hankōki, la période de rébellion).
Modèle 1 : l’alternance permanente (le va-et-vient)
La personne oscille entre ツン et デレ en permanence, parfois dans la même scène. Froide devant les autres, elle se ramollit dès qu’ils sont seuls tous les deux — puis se rattrape aussitôt par un « …enfin bref ! ».
C’est le modèle décrit par le dictionnaire Daijisen, et c’est le plus utilisé en comédie.
Modèle 2 : la fonte progressive (l’arc narratif)
Ici, la ツン期 occupe tout le début de l’histoire, puis fond lentement au fil des épisodes pour laisser place à la デレ期. La froideur du départ n’est plus qu’un souvenir à la fin.
C’est le modèle qu’on retrouve dans les histoires longues, où la transformation du personnage est l’histoire.
Les deux modèles côte à côte
Modèle « va-et-vient »
ツン → デレ → ツン → デレ → ツン…
⇒ La froideur est un masque public qu’on remet aussitôt. Effet : comique, tendre.
Modèle « fonte progressive »
ツンツンツン → ツンデレ → デレデレ
⇒ La froideur est une armure qui se fissure épisode après épisode. Effet : émotionnel, romanesque.
※ Dans les deux cas, le デレ doit exister. C’est la condition non négociable.
Tout à fait ! Et tu entendras aussi des remarques comme 「ツン期が長すぎる」 (« la période tsun dure beaucoup trop longtemps ! ») quand les spectateurs commencent à s’impatienter.
C’est du vocabulaire de fan, pas du japonais de manuel — mais c’est exactement ce que tu liras dans les commentaires japonais !
Tsundere en japonais : comment on emploie vraiment le mot
Passons à la pratique ! Grammaticalement, ツンデレ est avant tout un nom, mais il s’emploie aussi comme adjectif en な.
Et surtout : ce n’est pas un mot réservé à la fiction. Les Japonais l’utilisent tous les jours pour parler de gens réels — et d’animaux !
Les trois constructions de base
ツンデレ : phrases d’exemple
【Comme nom】
・あの人、ツンデレだよね。
(Ano hito, tsundere da yo ne.)
« Lui/elle, c’est un vrai tsundere, hein. »・彼はツンデレだから、言葉をそのまま受け取らないほうがいい。
(Kare wa tsundere da kara, kotoba o sono mama uketoranai hō ga ii.)
« Il est tsundere, alors mieux vaut ne pas prendre ce qu’il dit au pied de la lettre. »【Comme adjectif en な】
・ツンデレな性格が好きです。
(Tsundere na seikaku ga suki desu.)
« J’aime bien les caractères tsundere. »【Avec un animal — emploi très courant !】
・うちの猫、めっちゃツンデレなんだよ。
(Uchi no neko, meccha tsundere na n da yo.)
« Mon chat est hyper tsundere ! »
※ Il t’ignore toute la journée, puis vient s’installer sur ton clavier. Le mot est fait pour ça.
C’est souvent l’exemple qui débloque tout ! Le chat te snobe, puis vient réclamer des câlins à 3 h du matin : ツン puis デレ, envers la même personne. Le mot est parfait.
Et tant qu’on y est, il existe même un verbe dérivé de デレ, très pratique à connaître !
Le verbe デレる (dereru) et les expressions dérivées
Le japonais familier fabrique volontiers des verbes à partir de mots à la mode. À partir de でれでれ, on obtient デレる(dereru) : « craquer, se ramollir, laisser sortir son côté tendre ».
Les dérivés à connaître
・デレる(dereru)= craquer, se mettre à être tendre
⇒ 急にデレたな(Kyū ni dereta na)« Il/elle a craqué d’un coup ! »
・ツン期/デレ期(tsun-ki / dere-ki)= phase froide / phase tendre
⇒ やっとデレ期に入った(Yatto dere-ki ni haitta)« Ça y est, on est enfin en phase dere. »
・ツンしかない(tsun shika nai)= « il n’y a que du tsun » (blague : le デレ n’arrive jamais)
・ツンデレかよ(tsundere ka yo)= « nan mais t’es tsundere ou quoi ? », lancé en riant à quelqu’un qui vient de se trahir
Un petit avertissement d’usage, quand même !
Traiter quelqu’un de ツンデレ en face, c’est taquin et familier. Entre amis, ça passe très bien. Mais ne dis pas ça à ton patron ni à un client : ça revient à dire « je vois clair dans ton jeu, tu es gêné » — pas idéal au bureau !
Tsundere vs yandere : la confusion à ne surtout pas faire
C’est la confusion la plus fréquente, et la solution est étonnamment simple : il suffit de regarder la première syllabe !
Les deux mots partagent le même デレ. Ce qui change, c’est ce qu’il y a devant :
・ツンデレ ⇒ ツンツン = sec, distant
・ヤンデレ ⇒ 病んでる(yanderu)= malade, l’esprit atteint
Le ヤン de ヤンデレ(yandere) vient du verbe 病む(やむ/yamu), « être malade, souffrir », dans sa forme 病んでる(yanderu): « être atteint, aller mal psychologiquement ».
Un yandere aime donc… à un degré pathologique. L’amour est bien là — souvent excessif, jaloux, possessif — et c’est justement cet amour qui devient dangereux pour l’autre.
ツンデレ / ヤンデレ : le tableau de comparaison
■ ツンデレ(tsundere)= ツンツン(sec)+ デレ(tendre)
・Ce qui est caché : les sentiments eux-mêmes
・L’obstacle : la gêne, la pudeur(照れ)
・Le danger pour l’autre : aucun (au pire, une pichenette sur la tête)
・La phrase type : « C’est pas pour toi que je l’ai fait ! »
■ ヤンデレ(yandere)= 病んでる(malade)+ デレ(tendre)
・Ce qui est caché : l’instabilité mentale
・L’obstacle : la jalousie et la possessivité(独占欲)
・Le danger pour l’autre : réel — c’est le ressort narratif du genre
・La phrase type : « Tu es à moi, et à personne d’autre. »
※ En résumé : le tsundere cache son amour ; le yandere ne le cache pas du tout — c’est bien ça le problème.
C’est exactement l’image ! Tu peux même retenir le sens du mouvement :
ツンデレ ⇒ froid puis tendre = un soulagement, un moment mignon
ヤンデレ ⇒ tendre puis inquiétant = un retournement, une montée de tension
Petit repère chronologique, aussi : ツンデレ apparaît vers 2002, et ヤンデレ ne se répand qu’à partir de 2005 environ — le second est construit sur le modèle du premier !
Et tous les autres « -dere » ?
Une fois le schéma compris, tu peux décoder toute la famille. Le principe est toujours le même : [la façade] + デレ.
- クーデレ(kuudere) : de l’anglais cool. Façade impassible, inexpressive — pas hostile comme le ツン, simplement imperturbable. Le デレ se manifeste par de minuscules variations que seuls les proches repèrent.
- ダンデレ(dandere) : de 黙る(damaru, « se taire »). Façade silencieuse et timide — la personne ne parle pas parce qu’elle est intimidée, et non parce qu’elle veut te repousser.
- デレデレ(deredere) : pas de façade du tout ! Affectueux et démonstratif dès le départ, avec tout le monde ou presque.
Astuce de mémorisation : demande-toi toujours « qu’est-ce qui bloque le デレ ? »
・La fierté et la gêne ⇒ ツンデレ
・Le flegme, l’absence d’expression ⇒ クーデレ
・La timidité, le silence ⇒ ダンデレ
・Rien du tout ⇒ デレデレ
Avec cette seule question, tu ne te tromperas plus jamais entre ces mots !
Personnages tsundere emblématiques dans l’anime
Rien ne vaut des exemples concrets. Voici les personnages que les fans citent le plus souvent lorsqu’on parle de l’archétype tsundere.
Les ancêtres de l’archétype
Le mot date des années 2000, mais le type de personnage, lui, est bien plus ancien. On cite régulièrement :
- Lum, l’héroïne d’Urusei Yatsura (1981) — souvent présentée comme la toute première tsundere, bien avant l’invention du mot.
- Madoka Ayukawa, dans Kimagure Orange Road — une des racines reconnues de l’archétype.
- Kaori Makimura dans City Hunter, et Naru Narusegawa dans Love Hina — deux références que la Wikipédia francophone cite explicitement.
Excellente objection, et la réponse est oui — c’est un phénomène classique en langue !
Le personnage existait depuis longtemps ; il manquait juste une étiquette pour le nommer. Une fois le mot inventé, les fans l’ont appliqué rétroactivement à tout ce qui correspondait. Un peu comme si on redécouvrait d’anciens films avec un nom de genre créé bien après !
Les figures modernes de référence
- Asuka Langley Sōryū — Neon Genesis Evangelion. Arrogante, cassante, mais dont la dureté recouvre une fragilité immense.
- Rin Tōsaka — Fate/stay night. L’élève modèle irréprochable en public, nettement moins aimable en privé… et pourtant profondément attachée à ceux qu’elle protège.
- Taiga Aisaka — Toradora!. Petite, explosive, aussi prompte à frapper qu’à rougir : sans doute l’exemple le plus enseigné de l’archétype.
- Chitoge Kirisaki — Nisekoi. Une relation qui commence par une détestation affichée et fond au fil des épisodes : le modèle « fonte progressive » à l’état pur.
Le savais-tu ? La « voix » officielle du tsundere
La comédienne de doublage Rie Kugimiya(釘宮理恵) est à ce point associée à cet archétype qu’on la surnomme la « reine des tsundere » au Japon. Elle a prêté sa voix à plusieurs des rôles tsundere les plus célèbres des années 2000 — au point que les internautes japonais ont inventé un mot pour se moquer d’eux-mêmes : 釘宮病(くぎみやびょう/kugimiya-byō), « la maladie Kugimiya », qui frappe quiconque devient accro à ses personnages.
※ Le fait qu’un archétype ait sa propre voix officielle en dit long sur sa popularité !
Et les tsundere masculins ?
Ils existent, et ils sont nombreux. La définition du dictionnaire est restée au féminin, mais l’usage réel s’est largement élargi : on parle couramment de 男ツンデレ(otoko tsundere).
Le mécanisme est identique : un personnage qui grogne, qui refuse, qui insiste sur le fait qu’il « s’en fiche complètement »… et qui se retrouve systématiquement là où il faut, au bon moment, pour aider la personne concernée.
Voilà, tu as l’œil ! Et note bien un point important : le デレ n’est pas forcément amoureux.
Ça peut être de l’amitié, de la loyauté, de l’affection familiale. Ce qui compte, c’est le décalage entre l’attitude affichée et le sentiment réel. C’est ça, le cœur du mot !
D’où vient le mot ? Une origine internet parfaitement datée
Contrairement à la plupart des mots japonais, on connaît presque au jour près la naissance de ツンデレ — parce qu’elle a eu lieu sur des forums, à une époque archivée.
Le mot serait apparu le 29 août 2002 sur le forum japonais Ayashii World(あやしいわーるど), dans un message décrivant une héroïne de Kimi ga Nozomu Eien(君が望む永遠, 2001) qui passait sans arrêt d’une attitude à l’autre. L’auteur du message avait écrit ツンツンデレデレ(tsuntsun deredere).
L’expression a ensuite migré vers le forum géant 2channel(2ちゃんねる), où elle a été raccourcie, avant la fin de la même année, en ツンデレ.
2001 : sortie du visual novel Kimi ga Nozomu Eien(君が望む永遠)
↓(les joueurs cherchent comment décrire une héroïne à double face)
29 août 2002 : le forum Ayashii World voit apparaître ツンツンデレデレ
↓(migration vers 2channel, puis raccourcissement)
Fin 2002 : la forme courte ツンデレ s’installe
↓(diffusion massive dans la culture otaku)
Vers 2006 : le mot explose au grand public — cafés à thème à Akihabara, produits dérivés
↓
Aujourd’hui : entrée à part entière dans les dictionnaires japonais, et mot connu à l’international
Très rapide, oui ! Et ça montre bien une particularité du japonais : la langue absorbe et fabrique des mots à toute vitesse, notamment grâce aux onomatopées.
Comme つんつん et でれでれ sont des mots que tous les Japonais connaissent depuis l’enfance, ツンデレ était immédiatement compréhensible dès sa création. Aucun apprentissage nécessaire : c’est ça, le secret d’un mot qui se répand !
Signification de tsundere : le résumé à retenir
Voici l’essentiel de ce qu’il faut garder de cet article.
●ツンデレ(tsundere) = ツンツン(sec, distant, piquant) + デレデレ(fondant, câlin)
⇒ Image centrale : une couche de glace posée sur des sentiments brûlants
⇒ Ce n’est pas « quelqu’un de froid » : il faut obligatoirement que le côté tendre existe et finisse par sortir
●Le mécanisme ⇒ 照れ隠し(cacher sa gêne)+ 素直じゃない(ne pas être franc avec ses sentiments)
⇒ D’où le paradoxe : le tsundere est souvent plus dur avec la personne qui compte le plus
●Usage ⇒ nom et adjectif en な : ツンデレだ/ツンデレな性格
⇒ S’emploie aussi pour de vraies personnes, et très souvent pour les chats ! Registre familier et taquin : à éviter au travail
●ツンデレ vs ヤンデレ ⇒ même デレ, façades opposées
⇒ ツン= sec par pudeur(inoffensif) / ヤン= 病んでる, « atteint », amour obsessionnel(dangereux)
●Origine ⇒ forums japonais, 2002, à partir de ツンツンデレデレ ⇒ raccourci en ツンデレ ⇒ aujourd’hui dans les dictionnaires
Si tu ne devais retenir qu’une seule phrase de tout l’article, ce serait celle-ci : un tsundere ne cache pas sa gentillesse par méchanceté, il la cache par gêne.
Toute la mécanique du mot est là. Et une fois que tu l’as en tête, tu ne regardes plus jamais ces personnages de la même façon !
「デジタル大辞泉(小学館)/つんでれ — Kotobank(https://kotobank.jp/word/つんでれ-573086)」
「Weblio辞書/つんつん(デジタル大辞泉ほか)(https://www.weblio.jp/content/つんつん)」
「Weblio辞書/でれでれ(デジタル大辞泉・実用日本語表現辞典ほか)(https://www.weblio.jp/content/でれでれ)」
「ウィクショナリー日本語版/ヤンデレ(https://ja.wiktionary.org/wiki/ヤンデレ)」
「日本語俗語辞書/ヤンデレ(http://zokugo-dict.com/36ya/yandere.htm)」
「Wikipedia (English) / Tsundere(https://en.wikipedia.org/wiki/Tsundere)」
「Wikipédia (français) / Tsundere(https://fr.wikipedia.org/wiki/Tsundere)」
「Tofugu / Tsundere: Understanding Anime’s Obsession with the Cold/Warm Archetype(https://www.tofugu.com/japanese/tsundere/)」