Güey (wey) : signification, traduction et origine du mot le plus mexicain qui soit

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Aujourd’hui, on attaque le mot mexicain que tu entends absolument partout : güey !

Tu l’as forcément croisé dans une série Netflix, dans un clip, ou dans la bouche d’un ami mexicain qui le place trois fois par phrase.

Et l’idée centrale à retenir dès maintenant, c’est celle-ci : « güey », à l’origine, c’est un bœuf. Tout le reste — « idiot », puis « mec », puis simple tic de langage — découle de cette image-là !

Güey : signification et usage, de l’insulte au « mec » affectueux

« Güey » (prononcé à peu près « gouéï », en une seule syllabe) est un mot familier de l’espagnol du Mexique qui signifie littéralement « imbécile », mais qui s’emploie surtout comme appellatif entre copains, au sens de « mec », « gars », « frère ».

Le Diccionario de la lengua española de la Real Academia Española est d’une brièveté presque comique. À l’entrée güey, on lit exactement ceci : « De buey. m. Méx. Persona tonta. U. t. c. adj. » — c’est-à-dire : vient de buey (le bœuf) ; nom masculin ; Mexique ; personne sotte ; s’emploie aussi comme adjectif.

Attends… « personne sotte » ? Mais dans les séries, ils se le disent en rigolant, entre potes ! C’est une insulte ou pas, en fait ?
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Excellente question, et c’est tout le nœud du mot !

Le dictionnaire de la RAE enregistre le sens historique. Mais dans la bouche des Mexicains d’aujourd’hui, « güey » a très largement perdu sa charge insultante et fonctionne comme notre « mec » ou « frère ». Regarde ce que dit un dictionnaire spécialisé du Mexique, tu vas voir que c’est beaucoup plus nuancé.

Ce que dit le Diccionario del español de México : cinq emplois

Le Diccionario del español de México (El Colegio de México), qui décrit l’espagnol réellement parlé au Mexique, classe güey comme substantif masculin de registre « populaire » et distingue cinq emplois. Les voici, avec les exemples du dictionnaire :

« Güey » selon le Diccionario del español de México

1. Le sens propre : « bœuf »
Le vendí mis güeyes a mi compadre.
(J’ai vendu mes bœufs à mon compère.)

2. (Offensif) Un inconnu, un quidam qu’on méprise
Había un güey parado en el zoológico.
(Il y avait un type planté là, au zoo.)

3. (Offensif) Idiot
¡Qué güey soy, no traje el pasaporte!
(Quel idiot je fais, je n’ai pas pris mon passeport !)

4. La locution « de güey » : « bêtement », « comme un imbécile »
De güey que me dejo asaltar.
(Il faudrait que je sois bête pour me laisser détrousser.)

5. (Populaire) Chez les jeunes : une façon de garder l’attention de son interlocuteur et de s’assurer de sa solidarité
¡No, güey, te aseguro que no lo supe!
(Mais non, mec, je te jure que je n’en savais rien !)

※ Source : Diccionario del español de México, El Colegio de México

Ah d’accord, donc le sens n°5, c’est celui qu’on entend tout le temps dans les séries ? Une sorte de mot de remplissage ?
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Exactement, tu as mis le doigt dessus !

Et note la formulation très fine du dictionnaire : « garder l’attention de son interlocuteur » et « s’assurer de sa solidarité ». Ce n’est pas juste du bruit. En glissant güey dans ta phrase, tu dis en creux : « toi et moi, on est du même monde, on peut se parler sans façon ».

C’est exactement ce que fait « mec » en français quand tu dis « mais non mec, je te jure ».

Le sens que les dictionnaires panhispaniques ajoutent : « ami inséparable »

Le Diccionario de americanismos de l’ASALE (l’association qui réunit les vingt-trois académies de langue espagnole) va encore plus loin et enregistre noir sur blanc un sens franchement positif. Voici son entrée, découpée :

« Güey » dans le Diccionario de americanismos (ASALE)

1. nom/adjectif — Mexique, Salvador, Nicaragua : « personne sotte ». Registre populaire.
2. Mexique : « ami inséparable, compagnon ». Registre populaire.
3. Mexique : « individu inconnu, un tel ». Registre dépréciatif.
4. Porto Rico, langage des jeunes : en parlant d’une personne, « incompétent ».
5. Paraguay : tout simplement « bœuf ». Registre vulgaire/populaire.

« Ami inséparable » ! Donc c’est carrément affectueux, en fait. On est loin de l’insulte…
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Voilà pourquoi ce mot est si déroutant pour un débutant : les cinq sens coexistent encore aujourd’hui.

La règle pratique à garder en tête, c’est que c’est le ton et la relation qui tranchent, pas le mot lui-même. Dit à un copain avec le sourire, c’est « frérot ». Dit à un inconnu sur un ton sec, ça reste une insulte.

Et « ¡güey! » tout seul, en interjection

Le Diccionario de americanismos lui consacre même une entrée séparée. En tant qu’interjection, au Mexique et surtout chez les jeunes, ¡güey! sert « à appeler quelqu’un, à l’arrêter ou à réclamer son attention, ou bien à marquer l’étonnement et la surprise ».

Et la locution ¡ay, güey! exprime, elle, « l’étonnement, l’incrédulité ou la douleur ». C’est l’équivalent exact de notre « oh la vache ! », « ah bah bravo… » ou « aïe ! » selon le contexte.

【Exemples d’interjection】
¡Ay, güey! Se me olvidó por completo.
(Oh la vache ! J’avais complètement oublié.)
¡Güey, espérame!
(Hé, attends-moi !)

Güey ou wey ? Laquelle des deux orthographes est la bonne ?

C’est LA question que tout le monde se pose, parce que sur Internet, on voit les deux — et même une troisième, we. Réponse courte : « güey » est la graphie des dictionnaires ; « wey » est la graphie de la vraie vie numérique.

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Voyons ce que disent les ouvrages de référence, parce que là, les faits sont très nets :

・Dans le Diccionario de la lengua española (RAE), tu cherches « wey » : aucune entrée. Seul « güey » existe.
・Dans le Diccionario de americanismos (ASALE) : seul « güey » est enregistré.
・Dans le Diccionario del español de México : si tu tapes « wey », le dictionnaire te renvoie à l’article güey. La forme est reconnue comme variante, mais l’article est rangé sous « güey ».

Ah d’accord, donc « wey » n’est pas dans les dictionnaires… mais pourquoi tout le monde l’écrit comme ça alors ?
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Pour deux raisons très terre à terre !

1. C’est plus court à taper. « wey » : trois lettres. « güey » : quatre, dont un ü qui demande une manip sur un clavier de téléphone.

2. Ça se prononce pareil. En espagnol, la lettre w note souvent le son [w] dans les mots venus de l’anglais. Donc « wey » reproduit fidèlement le son, sans le tréma pénible.

Le problème, c’est que le « w » n’est pas justifié historiquement : le mot ne vient pas de l’anglais, il vient d’un vieux mot espagnol tout ce qu’il y a de plus latin. On y arrive dans deux minutes !

Güey ou wey ?
güey = la graphie étymologique, celle des dictionnaires (RAE, ASALE, DEM). À utiliser à l’écrit soigné.
wey = la graphie spontanée, ultra-majoritaire en SMS, en commentaires et dans les sous-titres de fans. Personne ne te reprendra.
we = une abréviation encore plus expéditive, purement numérique.
⇒ Prononciation : strictement identique dans les trois cas.
Donc en gros, c’est comme « quoi » qu’on écrit « koi » en SMS ? Le mot est le même, c’est juste la vitesse de frappe qui change.
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La comparaison est parfaite, je te la vole !

Retiens juste ceci : tu lis « wey », tu comprends « güey ». Et si un jour tu écris le mot dans un devoir ou un article, mets le tréma, ça fait toujours son petit effet.

Le « ü » de güey : exactement le même travail que le tréma de « Noël »

Ici, on tient l’un des rares points où le français est un avantage énorme pour apprendre l’espagnol. Parce que ce petit signe à deux points au-dessus du u, tu le connais déjà par cœur : c’est notre tréma.

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Commençons par le problème que ce signe vient résoudre. En espagnol comme en français, le groupe « gu » suivi de e ou de i cache un piège : le u ne se prononce pas !

Regarde, c’est rigoureusement la même chose dans les deux langues :
・français : guerre, guitare, guêpe, bague → le « u » est muet
・espagnol : guerra, guitarra, guiso → le « u » est muet aussi

Ce « u » n’est pas là pour être lu : il est là pour protéger le son dur du « g ». Sans lui, « gerra » se lirait avec un « g » tout autre.

Ah oui, c’est vrai ! Du coup… si le « u » est toujours muet dans « gue », comment on fait quand on veut vraiment le prononcer ?
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C’est exactement là qu’intervient le tréma ! Et les deux langues ont eu la même idée.

Le Diccionario panhispánico de dudas est catégorique : le tréma « se place obligatoirement sur le u pour indiquer que cette voyelle doit être prononcée dans les combinaisons gue et gui ».

Ses exemples : vergüenza (la honte), pingüino (le pingouin), bilingüe, lingüística.

Le tréma, une idée franco-espagnole commune

En français, le tréma dit : « cette voyelle, tu la prononces à part, elle ne se fond pas dans sa voisine ».
Noël → no-ël (et non pas « neul »)
maïs → ma-ïs (et non pas « mè »)
Citroën, naïf, égoïste, canoë

Et après un g, le français fait exactement ce que fait l’espagnol :
aiguë / aigüe (orthographe rectifiée) → le u se prononce
ciguë / cigüe, ambiguïté

En espagnol, le tréma se pose systématiquement sur le u :
vergüenza, pingüino, bilingüe, lingüística… et güey.

Attends, c’est génial : « bilingue » en français, le « u » est muet, et « bilingüe » en espagnol avec le tréma, le « u » se prononce ! Le même mot, et le tréma fait toute la différence !
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Tu viens de trouver le meilleur exemple du monde, bravo !

bilingue [bilɛ̃g] contre bilingüe [bi-lin-GOUÉ]. Le tréma espagnol rallume la voyelle que le français laisse éteinte.

Du coup, la lecture de notre mot devient évidente : gü + ey = « gou » + « éï ». Le tréma t’ordonne de prononcer le u, et tu obtiens ce son [gw] qui fait toute la saveur du mot.

Comment prononcer güey concrètement

Une seule syllabe, prononcée d’un bloc, avec une petite descente à la fin :

güey« GOUÉÏ » (une syllabe)

・le g est dur, comme dans « gare »
・le ü se prononce « ou » (jamais « u » à la française !)
-ey se prononce « éï », comme la fin de « rey » (roi) ou de « ley » (loi)

Astuce : pense au mot anglais way, et ajoute un « g » devant → g-way. Tu y es.

Attention au piège français : le ü espagnol ne se prononce jamais comme le « u » de « lune ». En espagnol, cette lettre note toujours le son « ou ».

Ah, donc si je dis « gu-eille » à la française, personne ne me comprend… Il faut vraiment que je sorte un « ou » bien franc.
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C’est ça ! Et là, tu comprends du même coup pourquoi les Mexicains écrivent « wey » en SMS : le son [gw] du début, ils l’entendent comme un simple w, et le tour est joué.

La graphie fainéante colle parfaitement à la prononciation. Ce n’est pas une faute d’étourderie, c’est de la phonétique appliquée !

L’étymologie de güey : le mot est un cousin germain de notre « bœuf »

Voici la partie la plus savoureuse, et celle qui va graver le mot dans ta mémoire pour de bon.

Reprenons la notice de la RAE : güey, « De buey ». Et si on ouvre l’article buey dans le même dictionnaire, on lit l’étymologie : « Del lat. bos, bovis », avec pour définition « macho vacuno castrado » — un bovin mâle castré, autrement dit un bœuf.

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Et maintenant, ouvre un dictionnaire étymologique français à l’entrée bœuf. Devine ce que tu y trouves ?

« Du latin bos, bovis ». Mot pour mot la même racine !

Le français a donné buef au début du XIIe siècle, puis beuf, puis bœuf (attesté chez Rabelais en 1534). L’espagnol, lui, a donné buey.

Sérieux ?! Donc quand un Mexicain dit « güey », il dit littéralement « bœuf » ? C’est le même mot que dans « bœuf bourguignon » ?!
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Littéralement, oui ! bœuf et güey sont deux enfants du même parent latin, partis chacun de son côté il y a mille cinq cents ans.

Et la même racine bov- t’a donné en français une petite famille que tu connais déjà : bovin, bovidé, et même bouvier. À chaque fois, le bœuf est caché dedans.

Comment « buey » est devenu « güey » : une histoire de bouche paresseuse

Reste une étape à expliquer : pourquoi le b de buey s’est-il transformé en ?

Ce n’est pas un caprice mexicain, c’est un phénomène phonétique très répandu dans l’espagnol populaire. Le Diccionario panhispánico de dudas le décrit noir sur blanc, à l’article consacré à la lettre b : il faut éviter, dit-il, « la prononciation du /b/ devant /u/ comme un /g/ », et il donne comme exemples [agüélo] pour abuelo (grand-père) et [güéno] pour bueno (bon).

Ah d’accord, donc c’est un truc général : buenogüeno, abueloagüelo… et donc bueygüey ! C’est la même mécanique à chaque fois.
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Tu as tout compris, c’est exactement ça !

Quand tu prononces bu-, tes lèvres s’arrondissent déjà pour le « ou ». Et à force, le « b » se relâche et glisse vers l’arrière de la bouche : il devient un g. C’est de la pure paresse articulatoire, et toutes les langues du monde en font.

Le même dictionnaire précise d’ailleurs que ce glissement s’est parfois figé dans l’orthographe : en Espagne, buhardilla (lucarne) a ainsi engendré la variante admise guardilla. Au Mexique, c’est buey qui a engendré güey.

L’arbre généalogique de « güey »

Latin : bos, bovis (le bovin, sans distinction de sexe chez les Latins)
↓ ↓
↓ └→ ancien français : buef (déb. XIIe s.) → beufbœuf (1534)
↓    et la famille savante : bovin, bovidé

espagnol : buey (bœuf, bovin mâle castré)
↓(prononciation populaire : le b devant u glisse vers g, comme dans güeno pour bueno
espagnol du Mexique : güey
↓(métaphore : lent, docile, castré → sot)
« imbécile »
↓(usage entre copains, la charge insultante s’use)
« mec, gars, frère » + tic de langage

Le plus beau : le français a fait exactement la même métaphore

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Attention, je te garde le meilleur pour la fin de cette section !

Le passage de « bœuf » à « imbécile », tu crois que c’est une invention mexicaine ? Pas du tout. Le français a fait exactement le même chemin, tout seul, de son côté : le sens de « personne stupide » pour bœuf est attesté chez nous dès 1661.

Et côté espagnol, la RAE enregistre encore aujourd’hui pour buey un sens « personne sotte, écervelée » au Guatemala, au Mexique et au Nicaragua.

Donc les deux langues ont regardé le même animal et pensé la même chose de lui ! « Il est costaud mais il n’invente pas l’eau chaude »…
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Tu résumes ça mieux que moi !

Le bœuf, c’est l’animal de trait : puissant, docile, castré, et qui avance lentement dans son sillon sans se poser de questions. Les deux cultures y ont vu la même image de la lourdeur d’esprit.

Franchement, quand tu tiens ce lien-là, le mot güey ne s’oublie plus jamais : c’est ton « bœuf » à toi, déguisé en argot mexicain.

Güey : traduction en français — mec, gars, frère… mais lequel choisir ?

Il n’existe pas une traduction de güey, parce que le mot occupe à lui tout seul plusieurs cases que le français répartit entre plusieurs mots. Voici comment choisir.

Quatre emplois, quatre traductions

① En apostrophe, à un copain (l’usage n°1 aujourd’hui)
mec, gars, frère, frérot
¿Qué onda, güey? → « Quoi de neuf, mec ? »

② Pour désigner un tiers dont on ignore le nom
un type, un mec, un gars
Había un güey esperando afuera. → « Il y avait un type qui attendait dehors. »

③ Comme reproche ou insulte franche
imbécile, abruti, andouille
¡No seas güey! → « Fais pas l’andouille ! »

④ Comme interjection de surprise
oh la vache !, sérieux ?!, putain !
¡Ay, güey! → « Oh la vache ! »

Donc si je devais retenir un seul mot français, ce serait lequel ? « mec » ?
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Si tu ne dois en retenir qu’un, prends « mec » : c’est celui qui couvre le plus de cas, parce qu’il fonctionne à la fois en apostrophe (« viens, mec ») et pour désigner quelqu’un (« un mec bizarre »). Exactement comme güey.

Mais garde « frère » et « frérot » sous le coude : ce sont eux qui rendent le mieux le sens n°2 du dictionnaire panhispanique, celui d’« ami inséparable ». Quand deux Mexicains se disent güey toutes les dix secondes, c’est ce lien-là qu’ils se rejouent.

Une expression figée à connaître : « hacer güey »

Le Diccionario de americanismos enregistre au Mexique la locution verbale hacer güey (a alguien), qu’il définit ainsi : « engañar a alguien » — tromper quelqu’un. Registre vulgaire.

Littéralement, « faire de quelqu’un un bœuf » : le prendre pour un imbécile, le rouler.

【Exemple】
Me hicieron güey con el precio.
(Ils m’ont eu sur le prix. / Ils m’ont pris pour un pigeon.)

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Et pour la culture générale, la RAE enregistre même une locution interjective savoureuse : « álzalas, güey », qu’on lance au Mexique à quelqu’un qui vient de trébucher.

Traduction littérale : « lève-les, bœuf ! » — sous-entendu lève tes pattes, comme on le crierait à une bête de trait qui bute dans son sillon. Notre équivalent serait un « allez, ramasse tes pieds ! » un peu moqueur.

Trop bien, l’image du bœuf est encore là, mille cinq cents ans après ! On la retrouve dans les moindres recoins du mot.

Où et quand peut-on dire « güey » ? Le mode d’emploi du débutant

C’est la question qui compte vraiment quand on apprend l’espagnol : bien comprendre le mot, c’est une chose ; savoir si on a le droit de le sortir, c’en est une autre.

1. Une géographie très précise : c’est un mot mexicain

Le Diccionario de americanismos est net : pour le sens « personne sotte », güey circule au Mexique, au Salvador et au Nicaragua. Mais le sens amical d’« ami inséparable », lui, n’est marqué que pour le Mexique.

Donc si je dis « güey » à un Espagnol ou à un Argentin, ça tombe à plat ?
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Ils comprendront (les séries mexicaines ont fait le tour du monde hispanophone !), mais ça sonnera comme un Belge qui se mettrait à dire « wesh » : identifiable, mais clairement importé.

Chaque pays a son propre mot pour la même case : en Espagne on dit tío, en Argentine boludo, en Colombie parce, au Chili weón. Ce sont les « cousins régionaux » de güey.

2. Un registre bas, toujours

Ne perds jamais de vue les étiquettes des dictionnaires. Le Diccionario del español de México classe le mot comme « populaire » et marque deux de ses cinq sens d’un « offensif » explicite. L’ASALE ajoute la mention « dépréciatif » pour le sens « un tel, un individu quelconque ».

Autrement dit : même dans son emploi le plus amical, güey reste un mot de la rue.

✅ Feu vert
・entre amis du même âge
・entre jeunes, dans un contexte détendu
・quand on te l’a dit en premier (c’est le meilleur signal !)

Feu rouge
・avec une personne plus âgée que toi
・au travail, en entretien, avec un client
・avec quelqu’un que tu vouvoierais en français
・à un inconnu dans la rue — là, ça peut vraiment être pris comme une insulte

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Mon conseil de prof, tout simple : commence par comprendre le mot, pas par l’utiliser.

Écoute comment tes interlocuteurs mexicains parlent entre eux, et attends qu’on te le dise à toi. Le jour où un ami te lance un « ¿qué onda, güey?», c’est un compliment déguisé : ça veut dire que tu es entré dans le cercle. Là, tu peux le lui renvoyer !

Ah d’accord, donc c’est comme le tutoiement en français : on attend que l’autre le propose. Ça, je peux le retenir facilement !

3. Le compagnon de route de güey : « no mames »

Une dernière chose : güey voyage rarement seul. Sa collocation la plus célèbre, celle que tu entendras dans toutes les séries, c’est « ¡No mames, güey! ».

Le verbe mamar a au Mexique le sens familier d’« exagérer » (c’est ainsi que le Diccionario de americanismos l’enregistre, avec la marque « vulgaire »). ¡No mames! revient donc à dire « n’exagère pas », « arrête ton char », « sérieux, tu déconnes ?! ».

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Attention quand même, c’est une expression nettement plus crue que güey tout seul ! Là où güey s’est adouci avec le temps, no mames reste marqué « vulgaire » par les dictionnaires.

Comme c’est le duo inséparable de notre mot du jour, je lui ai consacré un article entier — va le lire juste après celui-ci !

« No mames » : signification, traduction et niveau de langue de l’expression mexicaine

Güey : quel sens choisir selon le contexte ?

Le mot change de sens selon la façon dont il est employé dans la phrase, et selon le ton de la voix. Ce diagnostic en deux questions t’aide à décoder ce que tu viens d’entendre.

Q1. Comment « güey » apparaît-il dans la phrase que tu as entendue ?
On s’adresse directement à toi ou à quelqu’un (« ¿Qué onda, güey? ») → passe à la question 2
Le mot sert à parler d’une personne absente ou inconnue (« Había un güey… ») → un type / un mec
sens neutre, pour désigner quelqu’un dont on ignore le nom
Le mot est lancé seul, en exclamation (« ¡Güey! », « ¡Ay, güey! ») → oh la vache ! / sérieux ?!
interjection de surprise ou pour interpeller quelqu’un
Q2. Si c’est une apostrophe directe : quel est le ton de la personne qui parle ?
Ton souriant, détendu, entre amis du même âge → mec / gars / frère
appellatif amical, l’usage n°1 aujourd’hui
Ton sec, reproche (« ¡No seas güey! ») → imbécile / abruti / andouille
retour au sens premier du dictionnaire

※ Même dans son emploi le plus amical, güey reste un mot « populaire » selon les dictionnaires : à réserver aux amis et aux jeunes en contexte détendu, jamais à un supérieur, un client ou un inconnu dans la rue.

Güey / wey : l’essentiel à retenir

Voici le résumé de tout ce qu’on vient de voir.

Signification : au sens du dictionnaire, « personne sotte » ; dans l’usage réel, un appellatif amical entre copains, et un tic de langage chez les jeunes Mexicains.
Traduction : mec (le plus polyvalent), gars, frère / frérot ; et un type pour désigner un inconnu.
Güey ou wey ? güey est la graphie des dictionnaires (RAE, ASALE, DEM) ; wey est la graphie spontanée du numérique. Même prononciation.
Le ü : c’est notre tréma. Il ordonne de prononcer le u, qui serait muet sinon (comme dans guerra / guerre). Compare bilingue et bilingüe !
Prononciation : « GOUÉÏ », une seule syllabe. Pense à way avec un g devant.
Étymologie : buey (bœuf) ← latin bos, bovisexactement la racine de notre « bœuf ». Le b devant u a glissé vers g dans la prononciation populaire (comme güeno pour bueno).
Registre : populaire, parfois offensif. Entre amis oui, au travail non.
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Et si tu ne devais garder qu’une seule image de tout cet article, garde celle-ci :

güey = bœuf

Un bœuf de labour : puissant, docile, un peu lent. Les Mexicains y ont vu l’idiot, puis, à force de se le lancer entre copains, le mot s’est usé comme un galet et n’a plus voulu dire que « mec ».

Et pendant ce temps, en France, on faisait exactement la même blague avec le même animal, depuis le même mot latin. Les langues se ressemblent bien plus qu’on ne le croit !

Franchement, je ne l’oublierai plus jamais. « Bœuf » → « güey ». C’est réglé !
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Sur ce site, on décortique l’argot mexicain de la même façon : le sens réel, le registre, l’étymologie et les pièges pour un francophone.
Retrouve tous les mots du même univers dans notre guide complet !

【Guide complet】L’argot mexicain : les mots indispensables pour comprendre les Mexicains

Sources
Real Academia Española, Diccionario de la lengua española, entrées « güey » et « buey » (https://dle.rae.es/güey)
Asociación de Academias de la Lengua Española, Diccionario de americanismos, entrées « güey », « ¡güey! » et « hacer güey » (https://www.asale.org/damer/güey)
El Colegio de México, Diccionario del español de México, entrée « güey » (https://dem.colmex.mx/Ver/güey)
RAE / ASALE, Diccionario panhispánico de dudas, articles « diéresis » et « b » (https://www.rae.es/dpd/diéresis)
CNRTL, Trésor de la langue française informatisé, étymologie de « bœuf » (https://www.cnrtl.fr/etymologie/boeuf)