Un plat qui arrive à table, un morceau qui passe à la radio, une veste, un week-end, un prof sympa… tout ça peut être chido.
L’idée à retenir tout de suite : chido = « ça me plaît, c’est réussi ». En français, on traduira selon les cas par « cool », « génial » ou « chouette » !
- 1 Chido : signification et usage — « cool », « génial », « chouette »
- 2 Que veut dire « chido » à l’oreille ? Prononciation et piège francophone
- 3 Comment utiliser « chido » : la grammaire en trois points
- 4 Chido ou padre ? La différence que personne n’explique
- 5 La carte de « cool » en espagnol : chido, padre, chévere, bacán, guay
- 6 D’où vient « chido » ? Ce que disent — et ne disent pas — les dictionnaires
- 7 Quand peut-on dire « chido » ? Et quand vaut-il mieux s’abstenir
- 8 Chido : ce qu’il faut retenir
Chido : signification et usage — « cool », « génial », « chouette »
« Chido » (prononcé « TCHI-do ») est un adjectif familier de l’espagnol du Mexique qui veut dire « très bien », « très bon », « joli », « agréable ». C’est le mot mexicain pour dire « cool ».
Commençons par le plus solide : ce que disent les dictionnaires de référence. Le Diccionario de la lengua española de la Real Academia Española (le DLE, la référence de l’espagnol) donne à l’entrée chido, da deux définitions, ni plus ni moins :
chido, da
adj. coloq. Méx. bonito (‖ lindo).
adj. coloq. Méx. Muy bueno.Traduction : adjectif, familier, Mexique — « joli », « mignon ». / adjectif, familier, Mexique — « très bon ».
※ Source : Real Academia Española, Diccionario de la lengua española, entrée « chido, da »
Et c’est justement ça, la bonne nouvelle !
Chido est un mot très simple sur le fond, mais très large sur l’usage. Il n’a pas de double sens caché, pas de piège grossier, pas de version vexante. Il dit une seule chose : « c’est bien ».
Toute la difficulté, pour un francophone, est ailleurs : savoir où on peut le dire, avec qui, et comment l’accorder. C’est ce qu’on va voir ensemble !
Le Diccionario del español de México (le DEM, publié par El Colegio de México, qui est LA référence pour l’espagnol mexicain) est encore plus direct. Il regroupe tout en une seule définition :
chido
adj (Popular) Que es bueno, bonito o apreciable : una casa bien chida, « ¡Qué chido que les hayamos ganado! », « Ando buscando al valedor que trae los rieles más chidos de todo el cantón »Traduction : adjectif (registre populaire) — qui est bon, joli ou appréciable : une maison vraiment chouette, « Trop bien qu’on les ait battus ! », « Je cherche le pote qui a les meilleurs disques du quartier ».
※ Source : El Colegio de México, Diccionario del español de México, entrée « chido »
⇒ « ça vaut le coup, ça fait plaisir »
⇒ un jugement positif spontané, sans effort, qu’on pose sur une chose, un lieu, une personne ou une situation.
Presque, oui ! Mais fais attention à une petite différence entre le français et l’espagnol.
Notre « cool » a gardé un peu de son sens anglais d’origine : « décontracté, à l’aise ». On dit « reste cool » pour « calme-toi ». Chido n’a jamais ce sens-là. On ne dira jamais « chido » à quelqu’un qui s’énerve !
Chido est un pur mot d’appréciation : ça veut dire « bien », « réussi », « agréable ». Rien d’autre.
Les trois traductions françaises de « chido »
Un même mot espagnol, trois traductions françaises selon le contexte. Voici comment choisir.
Quelle traduction pour « chido » ?
●« cool » ⇒ quand on parle d’un objet, d’un style, d’un endroit
Está muy chida tu chamarra. → « Elle est trop cool, ta veste. »
●« génial » / « trop bien » ⇒ quand on réagit à une nouvelle ou à un événement
¡Qué chido! → « Génial ! » / « Trop bien ! »
●« chouette » / « sympa » ⇒ quand on parle d’une personne ou d’une ambiance
El maestro nuevo está bien chido. → « Le nouveau prof est vraiment sympa. »
Petite astuce de traduction : si tu hésites, pense à « chouette ».
C’est le mot français qui a exactement le même profil : positif, familier, un peu daté pour certains, un peu régional, mais compris de tout le monde. Comme chido, il marche sur les objets, les gens et les situations.
On va y revenir plus bas, parce que cette comparaison va t’aider à comprendre toute la géographie du mot !
Les phrases de base avec « chido »
【Réagir à une nouvelle】
・¡Qué chido!
(Génial ! / Trop bien !)
・¡Qué chido que vengas!
(Trop cool que tu viennes !)【Décrire une chose】
・Tu depa está bien chido.
(Ton appart est vraiment sympa.)
・Es una película muy chida.
(C’est un film génial.)【Décrire une personne】
・Su familia es bien chida.
(Sa famille est vraiment chouette.)【Raconter après coup】
・La fiesta estuvo chida.
(La fête était géniale.)
Que veut dire « chido » à l’oreille ? Prononciation et piège francophone
Ah, très bonne question — et c’est le piège numéro un pour un francophone !
En espagnol, la lettre « ch » ne se prononce jamais comme dans « chat ». Elle se prononce comme dans « tchèque », « Tchad » ou « match ».
Donc chido se dit « TCHI-do », et surtout pas « chi-do » à la française !
Prononcer « chido » correctement
●ch = « tch » (comme dans match, Tchad)
●i = « i » franc et court, jamais « é »
●d = un d très doux, presque comme le « th » de l’anglais this entre deux voyelles
●o = « o » fermé et net, pas de « ô » traînant
●L’accent tonique tombe sur la première syllabe : CHI-do. (Règle générale : un mot qui finit par une voyelle est accentué sur l’avant-dernière syllabe.)
⇒ Au total : « TCHI-do »
Ça sonne… « shido » ! Et le plus drôle, c’est que ce n’est pas une faute totale.
Le Diccionario de americanismos des Académies de la langue espagnole enregistre justement la variante graphique « shido » à côté de « chido ». Dans certaines régions du nord du Mexique et dans certains parlers populaires, le « tch » s’adoucit effectivement en « ch » à la française.
Mais attention : c’est un accent régional marqué, pas la norme. En tant qu’apprenant, vise « TCHI-do » et tu ne te tromperas jamais.
Comment utiliser « chido » : la grammaire en trois points
Le sens est facile. C’est la mécanique qui demande un peu d’attention. Voici les trois seules choses à mémoriser pour utiliser chido sans faute.
1. « Chido » s’accorde : chido / chida / chidos / chidas
Contrairement à notre « cool » (invariable en français), chido est un vrai adjectif espagnol : il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. C’est d’ailleurs pour ça que le dictionnaire de la RAE l’enregistre sous la forme « chido, da ».
・chido — masculin singulier
Un lugar chido. → « Un endroit sympa. »
・chida — féminin singulier
Una casa bien chida. → « Une maison vraiment chouette. » (exemple du DEM)
・chidos — masculin pluriel
Los rieles más chidos del cantón. → « Les meilleurs disques du quartier. » (exemple du DEM)
・chidas — féminin pluriel
Unas vacaciones bien chidas. → « Des vacances vraiment géniales. »
Exactement, et c’est un réflexe qui manque souvent aux francophones !
On a tendance à traiter les mots d’argot comme des blocs figés, parce que c’est le cas en français : « cool », « top », « nickel » ne bougent pas. En espagnol, l’argot obéit à la grammaire comme le reste.
Bonne nouvelle : chido suit le modèle le plus régulier qui soit, celui de bonito / bonita. Si tu sais accorder bonito, tu sais accorder chido !
2. « Ser chido » ou « estar chido » ? Les deux, mais pas pour dire la même chose
C’est la question que tout apprenant se pose, et elle mérite une vraie réponse. Chido fonctionne avec les deux verbes — et le choix change la nuance.
ser chido vs estar chido
●ser chido ⇒ une qualité durable, une caractéristique de la chose ou de la personne
Mi jefe es bien chido. → « Mon chef est vraiment quelqu’un de bien. » (c’est sa nature)
●estar chido ⇒ une impression du moment, un résultat, un ressenti
Está bien chido tu corte de pelo. → « Elle est trop cool, ta nouvelle coupe. » (là, maintenant)
La fiesta estuvo chida. → « La fête était géniale. » (bilan d’un événement passé)
Pas du tout, rassure-toi ! Personne ne va te reprendre pour ça dans une conversation entre amis.
Mais si tu veux le réflexe le plus utile : quand tu réagis à quelque chose que tu vois ou que tu viens de vivre, prends « estar ». C’est de loin le cas le plus fréquent avec chido.
¿Cómo estuvo el concierto? — ¡Estuvo bien chido!
« C’était comment, le concert ? » — « C’était vraiment génial ! »
3. Les trois tournures à connaître : ¡Qué chido!, bien chido, chidísimo
Dans la vraie vie, chido apparaît presque toujours dans l’une de ces trois constructions. Apprends-les telles quelles, comme des blocs.
・¡Qué chido!
La réaction de base. « Génial ! », « Trop bien ! », « Super ! »
On peut prolonger avec que + subjonctif : ¡Qué chido que les hayamos ganado! (« Trop bien qu’on les ait battus ! »), exemple donné par le DEM lui-même.
・bien chido
Le renforcement le plus mexicain qui soit. Ici, bien ne veut pas dire « bien » mais « vraiment, super ». Una casa bien chida = « une maison vraiment chouette ».
Un francophone dirait spontanément muy chido — ce n’est pas faux du tout, mais bien chido sonne nettement plus naturel au Mexique.
・chidísimo
Le superlatif, formé avec le suffixe -ísimo comme pour n’importe quel adjectif espagnol. « Ultra cool », « vraiment trop bien ». À réserver à l’enthousiasme sincère.
Ton intuition est excellente, c’est exactement la même logique !
Dans plusieurs régions francophones, on entend « c’est bien bon », « il est bien sympa » — où bien sert d’intensificateur et non de jugement.
Au Mexique, ce « bien » intensificateur est absolument standard à l’oral : bien chido, bien padre, bien caro, bien lejos. Retiens le bloc bien chido et tu gagnes déjà énormément en naturel !
Oui ! Et si tu veux vraiment sonner mexicain, tu peux même l’enchaîner avec une autre interjection très courante :
— Me dieron el trabajo. (« J’ai eu le poste. »)
— ¡Órale, qué chido! (« Ah ouais, trop bien ! »)
Ce petit órale exprime la surprise et l’approbation. C’est le duo gagnant avec chido — on lui a consacré un article entier sur órale et ses multiples sens si tu veux creuser !
Chido ou padre ? La différence que personne n’explique
Excellente observation, et c’est LA question que tout le monde se pose !
Réponse courte : le sens est quasiment identique. Réponse longue : le registre et la grammaire ne sont pas les mêmes — et c’est là que ça devient intéressant.
Le plus étonnant, c’est que la différence est écrite noir sur blanc dans les dictionnaires. Encore faut-il savoir lire leurs abréviations !
Oui, padre veut bien dire « père ». Et oui, au Mexique, le même mot sert d’adjectif pour dire « génial ». La RAE l’enregistre explicitement : « adj. coloq. Méx. estupendo (‖ muy bueno) ». Le Diccionario del español de México donne comme exemples ¡Qué padre casa! (« Quelle belle maison ! »), Esa película está padre (« Ce film est génial ») et Mis tíos son unas personas muy padres (« Mon oncle et ma tante sont des gens vraiment bien »).
Jusque-là, chido et padre semblent interchangeables. Mais regardons de plus près le Diccionario de americanismos, qui est le seul à noter précisément le registre social de chaque mot :
chido, -a. I. 1. adj. Mx. Bonito, lindo. pop. (shido). 2. Mx. Muy bueno. pop. (shido).
padre. I. 1. adj. Mx. Bonito, bueno, estupendo. pop + cult → espon. 2. adv. Mx. Muy bien. pop + cult → espon.
※ Sources : ASALE, Diccionario de americanismos, entrée « chido » et entrée « padre »
Haha, je comprends ! Ce sont les codes de registre du dictionnaire. Traduisons-les :
●pop. = popular ⇒ le mot appartient au parler populaire
●cult → espon. = culto en su realización espontánea ⇒ les locuteurs cultivés l’emploient aussi, dans leur parler spontané
Autrement dit : chido est marqué « populaire » et rien d’autre, alors que padre est marqué « populaire et cultivé-spontané ».
Padre monte plus haut dans l’échelle sociale que chido. Voilà la vraie différence !
Tu as tout compris, c’est exactement le bon réflexe !
Un cadre de cinquante ans en réunion informelle dira sans problème ¡Qué padre!. Le même cadre dira beaucoup plus rarement ¡Qué chido!, parce que chido reste marqué « rue, jeunes, copains ».
Attention, ça ne veut pas dire que chido est grossier — on y revient plus bas. Ça veut juste dire qu’il est plus familier.
Et il y a une seconde différence, purement grammaticale celle-là, que le tableau du Diccionario de americanismos révèle aussi : padre possède un emploi adverbial (« adv. Mx. Muy bien »), pas chido.
Chido ou padre : le tableau de décision
chido ⇒ adjectif uniquement, registre populaire. Entre amis, entre jeunes, dans la rue.
padre ⇒ adjectif ET adverbe, registre populaire + cultivé spontané. Passe partout à l’oral, y compris avec des inconnus.
●En adjectif, les deux marchent :
Está bien chido / Está bien padre. → « C’est vraiment top. »
●En adverbe, seul « padre » marche :
La pasamos padre. → « On a passé un super moment. » ✓
La pasamos chido. → forme entendue dans le parler jeune, mais non enregistrée par les dictionnaires. À éviter tant que tu débutes.
●Les superlatifs :
padrísimo est enregistré par le Diccionario de americanismos (Mexique, Honduras, Nicaragua, langage des jeunes). chidísimo circule beaucoup à l’oral mais n’a pas d’entrée propre.
Parfait, c’est exactement le bon résumé !
Et je te donne une image pour la retenir : en français, imagine la différence entre « c’est super » et « c’est trop bien ».
Les deux veulent dire la même chose. Mais « c’est super » passe partout, alors que « c’est trop bien » te classe immédiatement dans une génération et un registre. padre = « c’est super », chido = « c’est trop bien ».
La carte de « cool » en espagnol : chido, padre, chévere, bacán, guay
Maintenant, la partie qui surprend le plus les débutants.
Tu apprends l’espagnol, tu apprends chido, tu es tout fier… et tu arrives à Bogotá ou à Santiago. Et là : personne ne dit chido.
Pourquoi ? Parce que « cool » est le mot qui varie le plus d’un pays hispanophone à l’autre. Il y a une véritable carte à connaître !
Ils le comprennent — merci les séries et la musique mexicaines ! — mais ils ne l’emploient pas.
Et tu as déjà exactement la même chose en français, tu ne t’en rends juste pas compte. Regarde : « chouette » en France, « le fun » au Québec.
Un Québécois comprend parfaitement « c’est chouette », mais il dira « c’est le fun ». Un Français comprend « c’est le fun » dans le contexte, mais ne le dira jamais spontanément. Même langue, deux mots différents pour la même idée.
C’est exactement ça, tu as la clé !
Voici la carte, avec les pays tels que les enregistrent les dictionnaires de la RAE et des Académies. Ce ne sont pas des impressions : ce sont des marques géographiques officielles.
La carte de « cool » dans le monde hispanophone
●chido ⇒ Mexique uniquement
La RAE le marque « Méx. », le Diccionario de americanismos le marque « Mx ». Aucun autre pays.
●padre ⇒ Mexique (au sens « génial »)
Marqué « Méx. » par la RAE. Au Guatemala, l’adjectif padre existe aussi, mais avec le sens de « énorme, impressionnant ».
●chévere ⇒ Caraïbes, Andes, Amérique centrale
La RAE liste : Antilles, Bolivie, Colombie, Salvador, Honduras, Panama, Pérou, Venezuela. C’est le plus « voyageur » de tous : il est compris et employé dans une immense zone.
●bacán ⇒ Chili, Colombie, Cuba, République dominicaine (« dans le langage des jeunes, très bon », dit la RAE), plus l’Équateur et le Pérou selon le Diccionario de americanismos.
●guay ⇒ Espagne uniquement
« adj. coloq. Esp. Muy bueno », et aussi adverbe : Lo pasamos guay.
Bonne question de stratégie ! Deux réponses :
①Le mot neutre absolu ⇒ genial, ou tout simplement muy bueno. Zéro risque, compris partout, aucun pays ne se l’approprie.
②Le mot familier le plus large ⇒ chévere, qui couvre une très grande zone selon la RAE. Curieusement, ce mot est d’ailleurs enregistré aussi pour le Mexique, au sens de « joli, agréable » — donc même un Mexicain ne trouvera pas ça bizarre.
Mais franchement ? Utiliser le mot local, c’est ce qui fait plaisir aux gens. Dis chido au Mexique, chévere en Colombie, bacán au Chili. Ça vaut tous les cours du monde !
Globalement oui : chido est compris et employé dans tout le pays.
Ce qui varie un peu, c’est la fréquence et la prononciation. Il est particulièrement chez lui à Mexico et dans le centre du pays ; dans le nord, on l’entend souvent sous la forme adoucie « shido » dont on parlait tout à l’heure.
Mais où que tu sois au Mexique, on te comprendra sans le moindre problème !
D’où vient « chido » ? Ce que disent — et ne disent pas — les dictionnaires
Ton intuition est juste : chido ne ressemble à aucune famille de mots espagnols identifiable.
Et je vais être franc avec toi, parce que c’est plus honnête que de te raconter une jolie histoire : aucun dictionnaire académique ne donne d’étymologie pour « chido ».
Ni la RAE, ni le Diccionario del español de México, ni le Diccionario de americanismos. Le champ est vide.
Ce silence n’est pas un oubli, et on peut le vérifier facilement en comparant avec les voisins de chido dans le même dictionnaire. La RAE renseigne bel et bien l’origine des autres mots de la même famille de sens :
・bacán ⇒ « Del genovés baccan « patrón » »
Origine connue et affirmée : le génois baccan, « le patron ». (Le mot serait arrivé avec l’immigration italienne au Río de la Plata.)
・chévere ⇒ « Etim. disc. »
« Étymologie discutée ». La RAE reconnaît explicitement qu’il y a débat, sans trancher.
・chido ⇒ rien du tout
Pas de ligne d’étymologie, pas même la mention « étymologie discutée ». Le mot est enregistré, décrit, mais son origine n’est pas documentée.
Oui, et c’est justement là qu’il faut être prudent !
Plusieurs hypothèses circulent en boucle dans les articles de presse et les blogs. Elles sont amusantes, mais aucune n’est reprise par les dictionnaires académiques. Traite-les comme des pistes, pas comme des faits :
●une origine dans le caló, l’argot d’origine gitane, à partir d’un mot signifiant « brillant »
●une origine dans l’asturien xidu (« beau, bon »), apporté par l’émigration asturienne
Ce sont des hypothèses non vérifiées. Si quelqu’un te les présente comme une certitude, méfie-toi !
Oui, et ce qu’on sait est en réalité très parlant !
Le Diccionario de americanismos le classe « pop. » — parler populaire — et enregistre la variante « shido ». Le DEM le classe aussi « Popular ». Autrement dit : c’est un mot né dans la rue, transmis à l’oral, et arrivé jusqu’aux dictionnaires par le bas.
C’est exactement pour cette raison que son étymologie est perdue : personne ne l’a écrit avant qu’il ne soit déjà partout. C’est le destin classique des mots d’argot — et notre « chouette » au sens de « bien » n’est guère mieux documenté !
Quand peut-on dire « chido » ? Et quand vaut-il mieux s’abstenir
Passons au plus utile pour toi : est-ce que tu peux dire « chido » sans risque ?
Réponse rassurante : oui, dans l’immense majorité des cas. C’est l’un des mots d’argot mexicains les plus inoffensifs qui soient.
Contrairement à d’autres mots de la même famille, chido ne contient aucun tabou : pas d’insulte cachée, pas d’origine grossière, pas de sens sexuel. Il dit juste « c’est bien » !
C’est vrai pour certains mots ! No mames est franchement vulgaire à l’origine, güey peut vexer si on le dit à la mauvaise personne, et même órale change complètement de sens selon l’intonation.
Chido, lui, est le mouton blanc de la bande. Le seul « risque » est un risque de registre, pas de politesse.
Autrement dit : tu ne vexeras personne, mais tu peux sonner un peu trop décontracté selon le contexte.
Où dire « chido » — et où l’éviter
✓ Sans hésiter
●entre amis, entre collègues du même âge
●en famille d’accueil, avec les jeunes de la maison
●dans un message, un SMS, sur les réseaux sociaux
●pour complimenter un objet, un lieu, un plat, une tenue
△ Avec un peu de prudence
●avec une personne nettement plus âgée que toi que tu connais peu ⇒ préfère padre
●au travail, dans une réunion détendue ⇒ padre ou genial passeront mieux
✗ À éviter
●à l’écrit formel : lettre de motivation, courriel professionnel, examen, dissertation
●dans un entretien d’embauche
⇒ Dans ces cas-là, écris excelente, estupendo ou muy bueno.
C’est une inquiétude que beaucoup d’apprenants ont, et je vais te rassurer : au Mexique, un étranger qui dit « chido » fait plaisir, il ne choque personne.
Ce qui « force », c’est d’empiler cinq mots d’argot dans une phrase mal construite. Ce qui fonctionne, c’est d’en placer un seul, au bon endroit, au bon moment.
Mon conseil : commence par ¡Qué chido! en réaction à une bonne nouvelle. Une réaction courte, sincère, bien placée. Personne ne te trouvera artificiel !
Un mini-dialogue pour voir « chido » en situation
Voici comment le mot s’insère naturellement dans une conversation mexicaine ordinaire.
Conversation : après le week-end
—¿Qué tal el fin de semana?
(Alors, ce week-end ?)—¡Bien chido! Fuimos a Oaxaca.
(Vraiment génial ! On est allés à Oaxaca.)—¡Órale! ¿Y qué tal la comida?
(Ah ouais ! Et la nourriture ?)—Está chidísima, en serio. Y el hotel también estuvo muy chido.
(Elle est incroyable, sincèrement. Et l’hôtel aussi était vraiment top.)—¡Qué chido! La próxima vez me apunto.
(Trop bien ! La prochaine fois, je viens.)
Tu remarques quelque chose ? Chido revient quatre fois en cinq répliques, sous quatre formes différentes : bien chido, chidísima, muy chido, ¡qué chido!
Ce n’est pas de la pauvreté de vocabulaire : c’est comme ça que le mot vit réellement. Un mot passe-partout qu’on module au lieu de le remplacer, exactement comme notre « super » ou notre « génial » en français.
Comment dire « cool » ? Le bon mot selon le pays et la situation
« Cool » est le mot qui varie le plus d’un pays hispanophone à l’autre, et même à l’intérieur du Mexique, chido n’est pas toujours le bon choix. Ce diagnostic en deux questions t’aide à trouver le mot juste.
le plus « voyageur » des mots de cette famille, compris très largement
langage des jeunes selon la RAE
adjectif et adverbe : lo pasamos guay
neutre, compris dans tout le monde hispanophone
registre « populaire » (ASALE) — rue, jeunes, copains
« populaire + cultivé » — passe partout, marche aussi comme adverbe : la pasamos padre
aucun des deux mots d’argot n’est à sa place ici
※ Chido n’est ni grossier ni risqué pour la politesse : le seul risque est de sonner trop décontracté selon le contexte, jamais de vexer quelqu’un.
Chido : ce qu’il faut retenir
Récapitulons l’essentiel sur chido.
●Prononciation : « TCHI-do », accent sur la première syllabe. Le « ch » espagnol se dit « tch », jamais « ch » à la française.
●Grammaire : adjectif variable ⇒ chido / chida / chidos / chidas. S’emploie avec ser comme avec estar.
●Tournures clés : ¡Qué chido! (réaction), bien chido (intensif, très mexicain), chidísimo (superlatif).
●Zone : Mexique uniquement. Ailleurs : chévere (Caraïbes, Andes), bacán (Chili, Cuba…), guay (Espagne).
●Chido ou padre ? Même sens, mais padre monte plus haut socialement (« pop + cult » au dictionnaire) et s’emploie aussi comme adverbe (la pasamos padre). Chido reste marqué « populaire » et purement adjectif.
●Registre : familier mais non vulgaire. Aucun risque de vexer, seulement un risque de sonner trop décontracté à l’écrit formel.
●Étymologie : inconnue. Aucun dictionnaire académique ne la donne — signe d’un mot venu de l’oral populaire.
Et si tu ne devais retenir qu’une seule chose de tout cet article, garde cette image :
chido = le « chouette » du Mexique
Un mot chaleureux, simple, sans arrière-pensée, qui ne franchit pas les frontières mais qui, chez lui, sert absolument à tout.
Dis-le une fois à un Mexicain, tu verras son sourire. C’est ça, apprendre une langue !
Retrouve tous les mots du même univers — güey, no mames, órale, ándale et les autres — dans notre guide complet !
【Guide complet】L’argot mexicain : les mots indispensables pour comprendre les Mexicains
Real Academia Española, Diccionario de la lengua española, entrée « chido, da » (https://dle.rae.es/chido)
Real Academia Española, Diccionario de la lengua española, entrées « padre », « chévere », « bacán, na » et « guay » (https://dle.rae.es/padre)
Asociación de Academias de la Lengua Española, Diccionario de americanismos, entrées « chido, -a », « padre », « padrísimo, padrísima », « chévere » et « bacán » (https://www.asale.org/damer/chido)
El Colegio de México, Diccionario del español de México, entrées « chido » et « padre » (https://dem.colmex.mx/Ver/chido)